Trop, c'est trop !

2012, dur, dur, pour la plaisance.

Figurez-vous que nous avons été, régulièrement et durant toute l'année, l'objet de réflexions de ce type :

"Si vous n'êtes pas content, vous n'avez qu'à aller voir ailleurs ! - Nous allons prendre l'argent des plaisanciers, ces nantis… - Les plaisanciers, ne vous trompez pas, leur argent nous intéresse, etc."

Et oui, des élus responsables de villes portuaires, de ports, de départements ou de région, lors de réunions informelles, de CLUPP, de réunions de communication, dans tous les cas en public, n'ont pas hésité à afficher un tel cynisme. Nous y sommes habitués, mais quand même.

Imaginez le tollé que ce type de réflexion provoquerait s'il s'adressait à d'autres groupes sociaux, plus prompts à se mobiliser. Ce serait un scandale, peut-être même une action pénale engagée par les stigmatisés.

Les plaisanciers ne réagissent pas, ils encaissent. Dire qu'ils sont contents serait sans doute erroné, mais ils ne disent rien. Il n'empêche, ils se posent plusieurs questions :

- Alors que la plupart d'entre eux ont fait d'énormes sacrifices pour la possession de leur bateau, qui n'est pas un signe ostentatoire de richesse mais tout bêtement une passion dévorante qui engloutit la plus grande part de leurs revenus, ils se demandent pourquoi ils sont traités de "nantis" ? 

- Alors qu'ils paient en moyenne plus de 2.000 € par an pour une place de port, pourquoi une partie de cette somme abonde-t-elle des budgets sans rapport avec leur activité ?

- Comment se fait-il qu'ils soient pratiquement les seuls locataires à qui le paiement d'un loyer n'ouvre aucun droit ?

- Est-ce normal que la réponse à toute question posée par eux soit une menace d'exclusion?

- Ils savent combien leur activité irrigue l'économie du pays, plus particulièrement des villes du littoral dont sont issus les élus indélicats qui les interpellent aussi grossièrement, ces élus en sont-ils eux-mêmes conscients ?

Evidemment, la menace de se retrouver sans place de port, pour ce bateau qui représente toute leur passion, interdit aux plaisanciers de répondre vertement, de remettre à leur place ces élus irrespectueux.

Avec ce billet nous le faisons pour eux. Nous disons aux élus :

- Cessez de ne voir chez le plaisancier qu'une tirelire, respectez-nous, c'est une exigence !

Plutôt que de chercher à nous exploiter, donnez-nous un statut locatif, construisons ensemble.

Ne provoquez pas, par votre cynisme, notre disparition. La facture serait lourde à payer pour vous et vos administrés en terme économique.

Prenez de bonnes résolutions pour 2013, en ce qui nous concerne nous sommes prêts à vous respecter, à vous aider à comprendre la mer.

L'exploitation de son prochain, fut-il plaisancier, est une lourde faute. Qu'en dire lorsque l'auteur est en charge d'un service public ?

A l'UNAN Golfe du Lion, nous sommes prêts à travailler avec les élus, mais aussi à nous révolter en cas de manque de respect.

La rédaction



Ajouté le 21/12/2012 par la rédaction - 2 réactions

Les réactions

Avatar François D'AGRO

Il faut bien faire valoir aux responsables régionaux, que les nantis que nous sommes apportent leur contribution dans les réseaux de chantiers maritimes de plaisance et portuaires. Combien d'emplois, les nantis contribuent, à leur façon, de créer et maintenir ? Ces responsables s'en imaginent-ils. Pour la plus part, nous sommes tous de simples retraités, qui embellissent à leur façon le paysage balnéaire des côtes de notre pays, en attirant les nombreux touristes intéressés par notre activité de nantis, comme le présument ces responsables politico-malins.

Le 24-12-2012 à 18:37:15

Avatar TALMON

J'ai beaucoup apprécié votre billet, il reflète exactement la situation des plaisanciers dans certains villages où il arrive que nous soyons considérés comme des nantis. Et sans ces "nantis", que deviendraient certaines régions de France??? Bravo, continuez, très bien écrit.

Le 24-12-2012 à 09:25:37

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