Editorial

Plaisancier : un délit, un crime ?

Nous, à l'UNAN Golfe du Lion, nous pensons que les plaisanciers sont respectables et doivent donc être respectés. Mais, il faut en convenir, nous sommes très isolés.

Cet isolement fut rompu soudainement il y a un peu plus d'an.

Figurez-vous que le Préfet Maritime lui-même nous proposait de participer à une grande aventure nationale : Les Conseils Maritimes de Façade ou CMF, visant à gérer la santé écologique de la mer. 

Enfin, les plaisanciers étaient consultés et intégrés à une réflexion sur la mer impliquant tous les acteurs…

C'est donc la joie en bandoulière que nous nous sommes rendus aux premières réunions à Marseille. Là, nous avons dû réfréner notre enthousiasme, nous avons appris que c'est l'Europe qui imposait cette démarche d'ouverture à l'administration française débordée et très en retard sur le sujet. Ce fut pire lorsque, reprenant le contrôle de la situation, notre chère administration mit en place des collèges de travail entièrement à sa botte, nous conservant par condescendance mais à une place congrue, proche de l'inexistence. Au bal, nous ferions "tapisserie".

Les environnementalistes et les administratifs se virent installés aux postes clefs, le plaisancier montré du doigt alors même que les études mises à la disposition du CMF apportaient la preuve que la pollution de la Méditerranée provient à 90% du bassin Rhodanien et pour les autres 10% des grandes cités côtières, de la terre quoi. Ces études montraient aussi que l'activité touristique de bord de mer, y compris la plaisance, est l'économie dominante en Méditerranée dans de très larges proportions. Mais bon, le plaisancier reste le bouc émissaire.

La déception encore vive, soudainement de nouveau, c'est la Région Languedoc-Roussillon qui nous invite à participer activement au Parlement de la Mer (lieu d'échange et de réflexion). Banco, nous remettons notre joie en bandoulière et repartons au charbon. Nous allons être de toutes les réunions, intervenant avec un enthousiasme intact. Patatras, le résultat n'est pas meilleur.

Au fil des réunions il s'avère qu'en réalité la plaisance n'est pas représentée. En ses lieux et place, parlant pour elle, nous trouverons ses logeurs (les ports), ses fournisseurs (marchands de bateaux), mais de plaisancier point. Nous pouvons même dire que notre insistance à intervenir, par pure sincérité, a fini par indisposer.

Tous ces décideurs sont bien décidés à ne pas regarder le plaisancier au-delà de l'anneau dont il a besoin au port. Ils salivent à l'idée que sa position de demandeur va leur permettre de lui soutirer le maximum et qu'il la fermera, l'effronté.

Le clou du spectacle fut à Sète où, 48 h avant la réunion publique du Parlement de la Mer (organisme de réflexion et de partage d'idées pour les grands projets) le Président de la Région a dévoilé son projet pour le port et les plaisanciers. Un projet de trois cent millions d'Euros entièrement ficelé. Mais alors, à quoi sera appelé à réfléchir le Parlement de la Mer de La Région, cette dernière n'ayant autorité pratiquement que sur le port de Sète ?

Le désespoir nous a saisi, au point de nous faire abandonner l'idée d'aller à la dernière réunion du Parlement de la Mer qui aura lieu à Mende.

Les opérations CMF et PLM commencent décidément bien mal pour nous plaisanciers qui, encore une fois, en sommes exclus.

Et pourtant, nous sommes la force économique de la mer, les sentinelles de sa bonne santé, les observateurs privilégiés de son écosystème, de simples randonneurs qui ne prélevons rien, flottant au fil de l'eau sans aucune agressivité.

Mais il parait que nous sommes riches… Oui, nous le serions, de bonheur simple, si les terriens, leur administration et leurs "écolos" nous laissaient en paix. 

Le comité de rédaction



Ajouté le 24/11/2012 par La rédaction - 6 réactions

Les réactions

Avatar jean FLORENCE

j' espère que vous continuerez à garder et à amener avec vous la "joie en bandoulière " pour la réunion du parlement de la mer à CANET le 5/12, ou sinon on va se sentir seul ici le CPCR...à bientôt jflo

Le 03-12-2012 à 15:26:53

Avatar infocapagde

Diffusé par solidarité sur Infocapagde

Le 03-12-2012 à 09:53:06

Avatar Infocapagde

http://infocapagde.com/article.php?sid=3490

Le 03-12-2012 à 09:49:55

Avatar Louis-Y. HERRY

Bravo pour votre "coup de gueule" qui décrit bien la pseudo-démocratie française, où tant que les "casseurs" ne sont pas passés, il n'y a aucune écoute. D'autant que sans plaisanciers, pas d'industrie nautique, pas de port de plaisance !

Alors ! Après les "villages Potemkine" allons-nous avoir les "ports de plaisance Potemkine" ?
Un peu d’histoire :
Quelques mois après son accession au trône de Russie le 9 juillet 1762, l'impératrice Catherine II intervient en Pologne où elle fait élire comme roi son favori, Stanislas Poniatowski !
Puis, pour le soutenir contre ses ennemis regroupés dans la confédération de Bar, elle envahit le pays en 1770.
Là-dessus, par le traité de Saint-Pétersbourg du 25 juillet 1772, elle s'entend avec le roi de Prusse Frédéric II et l'archiduchesse Marie-Thérèse d'Autriche pour enlever à la Pologne un tiers de son territoire.
Et, les trois larrons - Russie, Prusse, Autriche - s'allient non seulement contre la Pologne mais aussi contre l’empire Ottoman (la Turquie).
C'est ainsi qu'en 1774, le nouveau favori de la tsarine, Grégoire(Grigori) Potemkine (35ans), conquiert d'immenses territoires aux dépens du sultan Ottoman qui, par le traité de Kütçük-Kaynarca, garantit aux navires russes la liberté de navigation sur la Mer Noire et le libre passage vers la Méditerranée à travers les détroits du Bosphore et des Dardanelles et confère à la tsarine un droit de regard sur le sort des chrétiens orthodoxes des possessions ottomanes des Balkans.
Et surtout, il cède à la Russie les territoires qui s'étendent de la mer Noire à l'Ukraine, dont Potemkine devient le gouverneur général en remerciement des services rendus. Le favori développe activement ces territoires, les repeuplant avec des immigrants de toute la Russie et même d'Allemagne. Il annexe au passage le Khanât de Crimée et fonde sur la péninsule le port de guerre de Sébastopol.
En janvier 1787, le général Potemkine, amant de Catherine II de Russie (faut-il le rappeler ?), devient ministre de la Guerre et invite la tsarine à visiter les nouvelles provinces.
Catherine II quitte en grande pompe Saint-Pétersbourg pour s'embarquer sur le Dniepr. Elle descend triomphalement le fleuve et selon certains biographes, félicite son ministre amant pour la bonne tenue des villages paysans qu’elle aperçoit.
Ce sont les villages Potemkine !
En fait et selon Adolf Helbig, biographe de Potemkine, celui-ci aurait implanté des villages factices en carton-pâte tout le long du parcours de la tsarine dans ses nouvelles provinces. Il aurait ainsi voulu la flatter et la rassurer sur l'état de sa paysannerie !
Depuis lors, l'expression «village Potemkine» désigne des opérations de propagande visant à tromper aussi bien les dirigeants que l’opinion publique.
Que sont les ports de plaisance Potemkine ?
Mais par analogie, ne sommes-nous pas en droit de parler de "ports de plaisance Potemkine"dans la mesure où certains politiques français ne voient dans nos ports de plaisance que des décors de théâtre aptes à faire rêver les touristes et attirer les chalands ? Et en fait, ils ne perçoivent guère les plaisanciers que comme des contributeurs (vaches à lait) utiles pour le développement de l’industrie du Tourisme.
Car, quand on voit la politique de patachon dont la "marine de plaisance" est l’objet, il semble bien que peu leur importent les marins de plaisance et leurs navires ! Seul le décor des ports les intéresse ! Et à la limite, peu importe que les navires soient réels ou factices.

Le temps ne serait-il pas venu que les navigateurs à la plaisance se réunissent au sein de l'Union Nationale des Associations de Navigateurs - UNAN GdL ou autres - ?

Le 03-12-2012 à 09:29:26

Avatar Yannick GUILLEMOT

Bravo à nos collègues du GdL pour leur site relooké, leur analyse des actualités ... semi récentes, et la teneur de leurs Editoriaux... dont ce dernier.
Je me réjouis de voir que je ne suis pas seul à penser que les pires ennemis des plaisanciers sont les plaisanciers car "ils donnent trop souvent l'impression de n'être que des moutons".
Quand allons nous nous mettre en ordre de bataille pour prendre à l'abordage nos administrations déliquescentes!!!Cordialement YANN

Le 03-12-2012 à 08:42:40

Avatar Joseph SPITERI

Bonjour,
Nous avons les mêmes problèmes.
Avec votre permission, je mets un lien sur notre site internet www.cppgj.fr sur votre ligne éditoriale.
Cordialement
J.SPITERI
Président CPPGJ

Le 03-12-2012 à 08:35:10

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